Qu’est-ce qu’un ETF ? Combien ça coûte ? Comment en acheter ?

Lorsque vous souhaitez investir en bourse, vous avez plusieurs options :

  • Soit vous faîtes ce qu’on appelle du stock picking, c’est-à-dire que vous allez faire le travail vous-même de sélection des valeurs dans lesquels vous investissez.
  • Soit vous allez investir dans des fonds. Dans ce cas, le travail de sélection des valeurs est réalisé par un gérant.
  • Soit vous investissez dans un ou des ETF.

Les deux premières options relèvent de la gestion active, ce sont des cerveaux humains qui vont faire des choix. Les ETF relèvent de la gestion passive, vous allez vous contentez de suivre la performance d’un sous-jacent.

Un ETF est un « panier de valeurs »

Un ETF (Exchange Traded Fund), parfois appelé tracker, se traduit en français par « Fonds négociés en bourse ».

En investissant dans un ETF, vous allez investir automatiquement dans plusieurs valeurs différentes, dans le but de répliquer la performance d’un indice, d’un secteur, …

Un ETF peut avoir pour objectif de suivre :

  • Un indice : le CAC 40 par exemple
  • Un secteur : celui du luxe par exemple
  • Des obligations : celles d’Etats européens par exemple
  • Des matières première : l’or par exemple

Vous avez sans doute entendu parler de l’indice « CAC 40 » qui regroupe les 40 plus grosses capitalisations boursières françaises.

Si vous voulez suivre la performance de cet indice, vous avez deux possibilités :

  • Soit acheter individuellement les 40 valeurs qui composent l’indice : cela va vous coûter cher en frais de courtage et il va falloir se casser la tête pour rééquilibrer régulièrement votre portefeuille pour conserver la bonne pondération entre les actions.
  • Soit vous achetez un ETF qui réplique le CAC 40 et qui va faire tout ce travail à votre place.

Il existe plusieurs ETF CAC 40, prenons par exemple celui géré par Lyxor (Code ISIN : FR0007052782).

Sur ce graphique, se trouvent :

  • Une courbe orange, qui représente la performance de l’indice CAC 40
  • Une courbe noire, qui représente la performance de l’ETF Lyxor CAC 40

Nous pouvons constater que la performance est similaire : c’est normal, c’est exactement la mission d’un ETF !

Si vous avez de bons yeux et que vous zoomez, vous pouvez tout de même constater que la performance n’est pas strictement identique. Vous avez raison.

Voici la performance annualisée du CAC 40 vs l’ETF

1 ans3 ans5 ans10 ans
CAC 4023,02 %18,06 %9,3 %9,84 %
ETF Lyxor22,75 %17,79 %9,08 %9,6 %

Comme le montre le tableau, l’ETF est légèrement moins performant que l’indice qu’il suit.

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Cela peut s’expliquer par des erreurs de tracking, cela peut arriver.

Mais la raison principale est que l’émetteur de l’ETF se rémunère en prélevant des frais. Ces frais sont très modestes (0,25% par an dans notre exemple), mais ils expliquent la légère sous-performance.

Gestion active ou gestion passive ?

Si vous envisagez d’investir de manière active, c’est que vous estimez être en capacité, vous, ou le gérant que vous choisirez, de battre le marché. C’est-à-dire de réaliser une meilleure performance que la moyenne de l’ensemble des acteurs du marché : les algorithmes d’intelligence artificielle, les cerveaux sortis des meilleures universités, les fonds de pensions, les fonds souverains, …

C’est tout à fait possible, chaque année, des gérants professionnels et même des particuliers font mieux que le marché.

Par contre, répéter cet exploit sur le long terme, pendant plusieurs décennies, est extrêmement rare. Seule une poignée d’investisseurs y arrivent.

C’est ce que montrent les statistiques du SPIVA. Sur un an, près d’un fond sur deux arrive à battre la performance du S&P 500.

Par contre, sur 15 ans, ils ne sont plus que 6,60%.

Et comme les performances passées ne préjugent pas des performances futures, quelqu’un qui a battu le marché durant 10 ans, n’y arrivera pas forcément les 10 prochaines années.

A titre d’exemple, le fond Pershing Square Holdings a eu des performance spectaculaires au début des années 2000. Battant largement l’indice S&P 500 (l’équivalent du CAC 40 aux Etats-Unis) entre 2004 et 2010.

Son gérant, Bill Ackman, est depuis considéré comme un investisseur de légende.

La machine s’est grippée à partir de 2011 et le fond a souvent très largement sous-performé le marché (-1,6% vs +21,8% en 2017 !).

La performance 2004 – 2017 reste excellente et bien supérieure au S&P 500. Mais si vous commencez à investir aujourd’hui dans le fond, rien n’indique que vous ferrez mieux que le marché.

Il faut dire que l’équation est quasi impossible : il faut être meilleur que la moyenne, sur le long terme, tout en se rémunérant. Les fonds actifs facturent des frais élevés, souvent supérieur à 2% par an, ce qui rend l’exercice d’autant plus compliqué.

Vous l’avez compris, je suis un partisan de la gestion passive. Si j’achète aussi des actions individuelles, c’est pour le loisir de suivre des entreprises auxquelles je crois, mais je suis très lucide de mon incapacité à battre le marché sur le long terme. La grosse majorité de mes positions sont des ETF.

Qui émet les ETF ?

Les ETF sont émis par des sociétés de gestion qui mettent en place toute la mécanique pour que la performance de l’ETF se rapproche le plus possible de celle de l’indice.

Voici quelques-unes des sociétés de gestion les plus connues :

  • Blackrock (via sa marque iShares)
  • Vanguard
  • Xtrackers
  • Amundi (qui appartient au Crédit Agricole)
  • Lyxor (qui appartenait à la Société Générale avant d’être racheté par Amundi)
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Quels sont les frais d’un ETF ?

Acheter et conserver des ETF génèrent quelques frais :

  • Les frais de courtage (au moment de l’achat et de la vente) : ils dépendent de votre courtier. Sur Boursorama par exemple, il faut compter 0,5% de frais pour un achat de 1000 €.
  • Les frais de garde : ils sont gratuits pour la plupart des courtiers en ligne
  • Les frais de gestion de l’ETF : prélevés par les émetteurs de manière transparente (ils viennent réduire la valeur de vos parts et ne vous sont pas facturés directement). Ils sont rarement supérieurs à 0,5% / an.

Quels sont les risques ?

Naturellement, la valeur d’un ETF peut baisser si son sous-jacent (l’indice qu’il suit) diminue, c’est la loi du marché.

Par rapport à des actions classiques, l’ETF supporte en plus un risque :

  • Risque de tracking : la performance peut légèrement s’écarter de celle de l’indice de référence. C’est rare, mais ça arrive.
  • Risque de faillite de l’émetteur. Même dans ce cas, vous finirez par récupérer vos parts d’ETF. Les valeurs n’appartiennent pas à l’émetteur et sont déposés auprès d’une banque dépositaire.

ETF physique ou synthétique ?

Si un émetteur veut créer un ETF suivant l’indice S&P 500, deux options s’offrent à lui :

  • Soit il va acheter des actions des 500 entreprises qui composent l’indice S&P 500. Il s’agit alors d’un ETF Physique.
  • Soit il va se contenter d’acheter une sélection réduite d’actions (un « panier de substitution ») dont la performance devrait s’approcher de celle du S&P 500. Il va en plus souscrire à un swap auprès d’un autre acteur, une sorte d’assurance, qui va tous les jours compenser la différence de performance, à la hausse ou à la baisse, entre sa sélection d’actions et le S&P 500. Il s’agit alors d’un ETF synthétique.

Le swap a un coût, donc les frais de gestion peuvent être légèrement plus élevés avec un ETF synthétique.

Le choix de passer par un ETF synthétique peut répondre à plusieurs objectifs, mais le principal, pour un épargnant français, est fiscal !

Vous connaissez sans doute le PEA, livret qui vous permet d’acheter des actions européennes avec un avantage fiscal très intéressant.

Il n’est donc, en principe, pas possible de loger des actions américaines dans un PEA.

Mais avec un ETF synthétique, c’est possible !

Regardons par exemple l’ETF « AMUNDI PEA S&P 500 » (code ISIN : FR0013412285).

Si l’on regarde les 10 premières lignes qui composent l’indice, elles concernent toutes des entreprises américaines, c’est logique.

Mais si l’on regarde les 10 premières lignes du « panier de substitution », ce sont toutes des entreprises européennes.

Cet ETF synthétique est donc éligible au PEA, car vous ne possédez que des entreprises européennes. Mais grâce au swap, vous bénéficiez de la performance du S&P 500 américain.

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Passer par un ETF synthétique représente un risque supplémentaire : le risque de faillite de la contrepartie (« l’assureur » qui gère le swap). Dans ce cas, on pourrait avoir un écart de performance durant quelques jours, le temps qu’un nouvel assureur prenne le relai.

ETF Capitalisant ou Distribuant ?

Les ETF que vous achetez vont probablement générer des revenus (des dividendes dans le cas d’ETF actions, des coupons dans le cas d’ETF obligataire).

Certains ETF décident de distribuer ces revenus, vous recevrez le montant dans votre PEA ou votre CTO, vous en faîtes ce que vous voulez ensuite ! Dans le cas du CTO, ces revenus seront fiscalisés.

D’autres ETF décident de capitaliser ces revenus, c’est-à-dire de les réinvestir automatiquement, ce qui va augmenter la valeur de l’ETF.

Pour ma part, je choisis systématiquement des ETF capitalisants, cela contribue à augmenter l’effet boule de neige de mon patrimoine en réinvestissant automatiquement. Le frottement fiscal est réduit (il peut y avoir un prélèvement à la source en fonction des pays, c’est géré de manière transparente par l’émetteur).

Pour illustrer, regardons la performance du CAC 40 (en orange) vs la performance du CAC 40 GR (en bleu) qui réinvestit les dividendes.

Entre 2008 et 2023, la performance du CAC 40 est de 59,82% vs 167,06% en prenant en compte le réinvestissement des dividendes.

Si vous êtes en phase de construction de votre patrimoine : préférez les ETF capitalisants !

Comment acheter et vendre des ETF ?

Un ETF se négocie comme n’importe quelle action en bourse.

Pour ma part, j’utilise Boursorama. Acheter ou vendre un ETF se fait en quelques clics.

Comment choisir son ETF ?

Voici les facteurs que j’observe lorsque je dois sélectionner un ETF :

  • L’éligibilité au PEA : si c’est possible, c’est mieux !
  • La taille du fond : plus il est gros, plus la liquidité sera bonne, et plus vous pourrez acheter et vendre l’ETF à un prix proche de son cours (techniquement, on dit que le spread sera faible).
  • Les frais annuels : plus ils sont faibles, mieux c’est !
  • La monnaie : s’il n’est pas en euros, on devra supporter des frais de change
  • Distribuant ou capitalisant : je préfère capitalisant !
  • Le tracking error : moins il y a d’écart entre la performance de l’ETF et celle de son sous-jacent, mieux c’est !

Le site JustETF.com est très bien pour comparer.

Quelques ETF dans lesquels j’investis

Code ISINEmetteurSous jacentEligibilité PEAFrais de gestion
FR0011871128AmundiS&P 500Oui0,15%
FR0013411980AmundiTopix (Japon)Oui0,2%
FR0013412020AmundiPays émergents Oui0,2%
FR0013412038AmundiMSCI EuropeOui0,15%
FR0013412269AmundiNasdaq 100Oui0,23%
FR0013416716AmundiOr (matière première)Non0,19%
IE00B5BMR087iSharesS&P 500Non0,07%
LU0908500753AmundiSTOXX Europe 600Non0,07%

Vous constatez que j’ai principalement des ETF émis par Amundi. Cela s’explique par le fait que ce soit un acteur français, qui construit des ETF éligibles PEA. Le PEA étant franco-français, les émetteurs étrangers s’en désintéressent complètement.

Si vous n’avez pas la contrainte de l’éligibilité PEA, vous trouverez des ETF avec des frais encore plus faibles, comme vous pouvez le voir sur les deux dernières lignes du tableau.


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